Mantra
Dans l’Hindouisme et le Bouddhisme, le mantra est soit une formule très condensée, soit une série de syllabes assemblées en fonction de leur seule efficience magique intrinsèque, répètée de nombreuses fois suivant un certain rythme. Ce terme sanskrit signifie arme ou outil de l’esprit (manas) et le suffixe -tra par lui-même signifie protection, d’où la définition usuelle de protection de l’esprit. Il pourrait s’agir là d’une vue d’étymologiste. Quoi qu’il en soit le mantra canalise effectivement le mental discursif ; et les vertus du mantra, conjuguées à l’intention et à la concentration du récitant, sont sensées conférer divers pouvoirs et bénédictions.
Le mantra est un objet ou un support de méditation. Le but de sa pratique peut être un bienfait matériel ou spirituel. Elle peut s’effectuer dans le cadre d’un rituel minimal, ou d’une liturgie (sadhana) élaborée, incluant prières, visualisations, mudras, etc. Le récitant s’accompagne souvent d’un mâlâ, sorte de chapelet comportant 108 grains.
À titre d’exemple le mantra national du Tibet est le mantra de Tchenrézi, appelé familièrement le mani. Il se prononce aom mani pèmé houng en tibétain ou, en sanskrit, aom mani padmé houm. Sa récitation se fait en concurrence avec une visualisation très détaillée du Bodhisattva de la compassion, Tchenrézi, ou Avalokiteshvara en sanskrit. Le sens du mantra comporte de nombreuses dimensions, mais sigifie grosso modo hommage au joyau du lotus, ces deux termes étant eux-même de profonds symboles, que le méditant tient à l’esprit. De plus chacune des ses syllabes est le bija, l’essence-semence de libération de chacun des domaines ou règnes d’existence, des paradis des devas jusqu’aux enfers. C’est donc envers l’univers entier que le pratiquant envoie sa compassion. Et encore, chacune des syllabes représente une des six vertu transcendantes (paramitas) de la pensée du Mahayana que le pratiquant cherche à actualiser en lui-même. L’article Mani (mantra) présente encore une autre signification possible.
Bien que typiquement liées à l’Hindouisme et au Bouddhisme, des pratiques analogues à la récitation de mantras se retrouvent dans la plupart des religions. Par exemple la prière du cœur dans l’Hésychasme des Chrétiens Orthodoxes s’accompagne de la répétition constante du nom de Jésus dans la formule: Seigneur Jésus, prend pitié de moi, en fonction des injonctions Quiconque invoquera le Nom du Seigneur sera sauvé. (Act 2,24), et Priez sans cesse, en toutes choses faîtes eucharistie. (1 Th 15, 17-18).