Les Near Death Experience (N.D.E.) ou Expériences de Mort Imminente (E.M.I.)

Historique : Quelques investigateurs célèbres :

C’est en 1895, en France, que Victor Emile EGGER (1848-1909), Agrégé de Philosophie (1872), Docteur ès-lettres (1881), professeur de Philosophie et de Psychologie à la Sorbonne (à partir de 1904), utilise le terme et aborde, pour la première fois, le phénomène des « expériences de mort imminente » en publiant un article à ce sujet dans la Revue philosophique, revue fondée en 1876 et publiée à Paris par les Presses Universitaires de France. Mais ce n’est qu’à partir de 1983-1984 que la France s’intéressera clairement au phénomène.

En 1971, Elisabeth Kübler-Ross (1926-2004), psychiatre, thanathologue, pionnière américaine d’origine suisse de l’accompagnement des personnes en fin de vie, Professeur honoraire de médecine du comportement et de psychiatrie à l’université de Virginie, fondatrice du centre de Shanti Nilaya où sont accueillis des enfants atteints du sida, docteur honoris causa de nombreuses universités, s’est intéressée aux expériences de mort imminentes consécutivement à la lecture d’un ouvrage de Robert Monroe intitulé « Voyage hors du corps ». En 1972, elle décida d’expérimenter le voyage hors du corps, voyage induit en laboratoire et réalisé en collaboration avec Robert Monroe. Elle aurait vécu, par la suite, une expérience extra corporelle spontanée (non induite en laboratoire) et connu des expériences mystiques (elle aurait entendu une voix, notamment, avec laquelle elle aurait finit par converser et qu’elle appelait tantôt son guide, tantôt son fantôme). Consécutivement à ces expériences mystiques, elle fut considérée comme folle par les scientifiques et perdit toute crédibilité à leurs yeux. Par la suite, elle a donné des conférences dans des centaines d’écoles d’infirmières américaines, canadiennes, anglaises, allemandes, néerlandaises, suisses et son organisation Shanti Nilaya développa tout un programme d’enseignement pour le personnel soignant, une bonne partie de cet enseignement étant consacrée à l’utilisation des calmants et analgésiques et à la lutte contre la douleur. De nombreux séminaires « Vie, mort et transition », destinés aux personnes directement concernées par la mort (malades, veufs, etc.), furent également organisés par son organisation. Elle fit paraître plusieurs ouvrages sur les expériences de mort imminente : « La mort, dernière étape de la croissance » (1975), « La mort porte de la vie » (1982), « La mort est un nouveau soleil » (1988), « Mémoires de vie, mémoires d’éternité » (1998), notamment. C’est elle qui est considérée comme étant l’instigatrice des investigations concernant les expériences de mort imminente.

Raymond Moody (1944), Docteur en Philosophie puis psychiatre en Virginie, originaire de Géorgie, s’est intéressé aux expériences de mort imminente consécutivement aux témoignages des ses propres étudiants au sujet de récits rapportés par des proches ayant vécu un coma. En novembre 1975, il a fait paraître ce qui est devenu un best-seller, « La vie après la vie », ouvrage, préfacé par Elisabeth Kübler-Ross, qui est un condensé de témoignages sur ce qu’il appela les near death experiences (NDE), c’est-à-dire les « expériences proches de la mort ». Il a créé un mini-psychomantéum en Alabama (1992-1993), au sein duquel il a convié cinquante scientifiques à entrer en contact avec des décédés. 50% de ces scientifiques auraient vu une apparition en trois dimensions dans un grand miroir placé dans la pièce, face auquel ils se tenaient, et auraient pu s’entretenir avec elle. Aucun des volontaires n’aurait eu de doute sur sa propre vision, intimement convaincus de la réalité de ce qu’ils auraient vécu.

Michaël Sabom, cardiologue texan, membre de la branche médicale de l’Alpha Beta Kappa, association américaine et élitiste d’anciens élèves réservée aux meilleurs (10% de chaque promotion), s’intéressa aux expériences de mort imminente à la suite d’une demande de Sarah Kreutziger, assistante sociale travaillant dans un centre de dialyse (une clinique pour les malades des reins), qui sollicita son aide pour la préparation d’un exposé sur le thème de « la vie après la mort » qu’elle comptait présenter aux paroissiens de Gainesville (Floride – Etats Unis). Il enquêta ensuite sur le phénomène, en compagnie de la jeune femme, durant quatre ans (de 1977 à 1981), cherchant une réponse scientifique à l’énigme. Ils menèrent à terme 116 interviews complètes de rescapés dont ils ne retinrent, finalement, que 78 cas. Sur ces 78 personnes, 32 rapportèrent une expérience de mort imminente, soit 43% des sujets interrogés. Il distingua deux grandes catégories d’expériences de mort imminente : celles où les personnes rapportent s’être vues hors de leur corps dans le contexte matériel réel du moment (NDE autoscopiques), et celles où elles rapportent avoir voyagé dans un contexte non terrestre (NDE transcendentales). Manquant de connaissances en psychiatrie, connaissances qui eussent pu lui permettre de trouver une explication scientifique aux expériences de mort imminente transcendentales, et ces expériences de mort imminente transcendentales présentant au moins un épisode autoscopique, il concentra, donc, son attention sur les NDE autoscopiques, espérant prouver que ces expériences relevaient de l’hallucination, voire de l’illusion, conclusion à laquelle il ne parvint pas. Consécutivement à l’enquête qu’il a menée avec Sarah Kreutziger, Michaël Sabom décida de rédiger un rapport à l’adresse du personnel soignant, rédaction qui dura deux ans et qui s’acheva pendant l’hiver de 1980-1981. Malheureusement pour lui, la publication de ce rapport dans les grandes revues médicales fut refusée car le sujet fut considéré comme non scientifique. Il fut, néanmoins, l’auteur d’un ouvrage intitulé « Souvenirs de la mort » qui fut édité en 1982 à New-York.

Russel Noyes, psychiatre béhavioriste et enseignant à Iowa City (Etats-Unis), spécialiste des états de choc et de l’anxiété, étudia les expériences de mort imminente consécutivement à la publication du livre de Raymond Moody et aux investigations de Michaël Sabom, persuadé que ces expériences relèvent de la dépersonnalisation. S’apercevant que les expériences de mort imminente ne présentent pas les caractéristiques d’un cas de dépersonnalisation dans la mesure, notamment, où les experiencers font preuve de sérénité alors que la dépersonnalisation proprement dite est presque toujours accompagnée de délires cauchemardesques et d’hallucinations terrifiantes, il décida d’étudier les effets psychologiques des états de choc avec l’aide de ses étudiants, analysant, consciencieusement, 205 récits d’accidents comportant un épisode de dépersonnalisation. Il se mit à échafauder des hypothèses sans parvenir, toutefois, à expliquer la transformation psychologique radicale (diminution considérable de la peur de mourir, notamment) des personnes ayant connu la terreur de la mort, ce qui l’amena à interroger 215 experiencers sur leur transformation et à publier les résultats de ces investigations dans la revue Psychiatry en 1980. Il ne parvint, cependant, pas à donner une explication définitive des expériences de mort imminente.

Kenneth Ring (1935), professeur de psychosociologie (aujourd’hui à la retraite) à l’université des Storrs dans le Connecticut (Etats-Unis), membre, comme Michaël Sabom, de l’Alpha Beta Kappa, cofondateur et ancien président de IANDS (International Association for Neath-Death Studies) s’intéressa aux expériences de mort imminente en 1976, consécutivement à la lecture du livre de Raymond Moody. Il enquêta durant trois ans (de 1977 à 1979) et mit en lumière les cinq stades du profil type de la NDE. Il coopéra, par la suite, avec John Audette, sociologue à Péoria, université de l’Illinois (Etats-Unis), fondateur d’une organisation baptisée ANDS (Association for Near Death Studies) dont le siège fut finalement transféré de l’université de l’Illinois vers celle du Connecticut et à laquelle Raymond Moody adhéra par la suite. Kenneth Ring, concentra toute son attention sur le cinquième stade (l’entrée dans la lumière), cherchant une explication à la transformation radicale des experiencers. Il étudia consciencieusement 26 cas d’experiencers ayant vécu ce cinquième stade, fondant ses recherches sur les récits des rescapés, le compte-rendu médical de leur état physique, leurs réponses à de nombreuses questions et les témoignages de plusieurs de leurs amis. Il est l’auteur de deux ouvrages en rapport avec ses recherches sur les expériences de mort imminente « Sur la frontière de la vie » (1980) et « En route vers l’Oméga » (1984).

Melvin Morse, médecin urgentiste et pédiatre, professeur à l’Université de Washington (Etats-Unis), a fait des recherches sur les expériences de mort imminente infantiles pendant plus de quinze ans. Il a publié le fruit de ces recherches dans un ouvrage intitulé « La divine connexion » (2002), ouvrage, préfacé par le Dr Charles Jeleff, médecin urgentiste et Chef des urgences de l’hôpital de Compiègne, et Père François Brune, dans lequel il donnerait une explication scientifique aux expériences de mort imminente, s’appuyant, pour cela, sur les études de spécialistes de la mémoire. Il est également l’auteur d’un ouvrage intitulé « Les Enfants dans la lumière de l’au-delà » (1992).

En quoi consiste une expérience de mort imminente ?

Les expériences de mort imminente concerneraient tous les milieux socioculturels, tous les âges, les hommes autant que les femmes, et nourrir des croyances religieuses ne prédisposerait pas davantage un individu à être sujet à ce type d’expérience.
L’on distingue deux types d’expériences de mort imminente : les expériences de mort imminente positives et, beaucoup plus rares, les expériences de mort imminente négatives

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :