Confucianisme

Confucianisme

Le confucianisme est une philosophie, une éthique et une politique, élaborée en Chine à partir des enseignements de Confucius. Après avoir été confrontée aux écoles de pensée concurrentes pendant la Période des Royaumes combattants, notamment le taoïsme, le mohisme et le légisme, et violemment combattue sous le règne de Qin Shi Huang, fondateur de la première dynastie Chinoise, elle fut imposée par Wudi, fondateur de la dynastie Han, en tant de doctrine d’État et l’est restée jusqu’à la fondation de la République de Chine, en 1911. Son influence sur la Chine, ainsi que le Japon, la Corée et le Viêt Nam, est telle qu’on peut la comparer à celles de Socrate et Jésus en Occident.

Le développement du confucianisme

La relation entre le Confucianisme et Confucius lui-même est ténue. Confucius est souvent considéré comme un sage renommé et un philosophe chinois dont les enseignements ont profondément influencé l’Asie de l’Est durant 20 siècles. Néanmoins, les idées de Confucius n’ont pas été acceptées durant sa vie et il a souvent déploré le fait qu’il ne trouvait aucun maître à servir.

De même que pour de nombreuses autres figures historiques majeures (Bouddha, Socrate, Jésus, …), on ne dispose pas de traces directes des idées de Confucius. Ne sont parvenus jusqu’à nous que les écrits des disciples rassemblant les paroles et les pensées de leur maître. Concernant Confucius, le problème est aggravé par la vague d’éradication des pensées discordantes durant la Dynastie Qin, plus de deux siècles après la mort de Confucius. Au mieux, les écrits et les pensées de Confucius parvenus jusqu’à nous sont donc incertains.

Cependant, il est possible d’esquisser les idées de Confucius à travers les fragments qui restent. Confucius était un homme de lettres, qui se préoccupait des temps troubles qu’il vivait. Il allait de place en place en essayant de répandre ses idées politiques et d’influencer les nombreux royaumes luttant pour la domination de la Chine. L’affaiblissement de la Dynastie Zhou créa un vide, rempli par de nombreux petits États luttant pour le pouvoir. Intimement persuadé qu’il avait une mission sur la Terre, Confucius promouvait infatiguablement les vertus anciennes des anciens rois illustres, tels que le Duc de Zhou. Confucius essaya d’obtenir le pouvoir politique et fonda une nouvelle dynastie, en acceptant l’invitation d’un rebelle à « créer une dynastie Zhou à l’Est » (Entretiens XV. 5). Dans cette optique on considère que ses pensées sont principalement politiques. Néanmoins, bien qu’il soit commun de dire que Confucius était un « roi sans couronne », il n’eut jamais l’opportunité d’appliquer ses idées, fut expulsé de nombreuses fois et finalement retourna dans ses terres natales pour passer la dernière partie de sa vie à enseigner.

Les Entretiens de Confucius, l’œuvre la plus proche de la source de ses pensées, relatent des discussions avec ses disciples. Du fait que ce livre est une compilation de conversations, de questions et de réponses ou de parties de la vie de Confucius, on ne dispose pas d’une description d’un système de pensée cohérent. N’utilisant pas le raisonnement déductif et la loi de non-contradiction comme de nombreux philosophes occidentaux, il recourt à des tautologies et des analogies pour expliquer ses idées. De ce fait, les lecteurs occidentaux pourraient penser que sa philosophie est confuse et peu claire, ou que Confucius n’a pas d’objectif clair. Cependant il a aussi dit « je cherche une unité infiltrant tout » (Entretiens XV. 3.).

Si les premières ébauches d’un vrai système ont été réalisées par des disciples ou des disciples de disciples, le premier d’entre eux est Zi Si, le petit-fils de Confucius. Durant la période philosophiquement fertile des Cent Ecoles de Pensées, de nombreuses figures importantes du confucianisme telle que Mencius ou Xun Zi (à ne pas confondre avec Sun Zi) ont développé le Confucianisme et l’ont élargi en tant que doctrine éthique et politique. Ces deux penseurs ont du lutter contre les idées contemporaires et gagner la confiance des dirigeants à l’aide de l’argumentation et du raisonnement. Mencius donna particulièrement au Confucianisme une explication beaucoup plus complète de la nature humaine, de ce qu’est un bon gouvernement…

Certains des disciples de Xun Zi, comme Han Fei Zi, devinrent legalistes (un totalitarisme basé sur un système pénal très sévère, diamétralement opposé au Confucianisme qui se fonde sur la moralité et aidèrent Qin Shi Huang à unifier la Chine sous un contrôle très strict des activités humaines. Ainsi, le rêve de Confucius d’une Chine unifiée et pacifiée a été réalisé sous une école de pensée, le Légalisme, qui est diamétralement opposée à son fondement basé sur les rites et la vertu.

Diffusion du confucianisme

Le Confucianisme survécut à son interdiction durant la dynastie Qin, notamment grâce au fait qu’un trésor de Classiques fut retrouvé dans les murs de la maison d’un lettré. Après les Qin, la nouvelle Dynastie Han approuva la doctrine et supporta les lettrés confucianistes. Finalement Han Wu Di trouva très utile la doctrine politique du Confucianisme et en fit la philosophie d’État officielle.

A cette fin, l’étude des Classiques du Confucianisme devint la base du système de concours du gouvernement. Le Confucianisme devint donc le noyau du système d’éducation en Chine. Inculqué profondément dans le système de pensées des Chinois et de leurs politiciens, cette philosophie devint le mode de pensée politique dominant, et ne fut pas menacé dans cette position jusqu’à l’arrivée du maoïsme au XXe siècle.

Sous sa reformulation finale en Néo-confucianisme par Zhu Xi, le Confucianisme devint la philosophie d’État en Corée et au Japon.

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