Kabbale

La Kabbale (Qabalah en hébreu) est une tradition mystique, philosophique et ésotérique juive. Elle est présentée comme la Loi orale secrète, donnée par YHWH à Moïse sur le Mont Sinaï en même temps que la Torah (ou Loi écrite). Le Baal Soulam, kabbaliste, et commentateur du Zohar, en donne la définition suivante : « Cette sagesse n’est ni plus ni moins que l’ordre des racines, descendant à la manière d’une cause et de sa conséquence, selon des règles fixes et déterminées, s’unissant au nom d’un but unique et exalté, décrit par le nom « révélation de Sa Divinité à Ses Créatures en ce monde » ». Le kabbaliste P. Virya définit la kabbale comme « la dimension interne de la Torah, correspondant au sod (la connaissance ésotérique) des quatre niveaux de l’intérieur de la Torah (connus sous le nom de pardès) ».

L’un de ses plus grands disciples fut le rabbin Shimon Bar Yochaï au IIe siècle. Elle a connu un grand essor après la publication du Zohar (ou « Livre de la splendeur » par Moïse de Léon en 1286, maître livre qui rapporte, sous la forme d’une compilation de textes en araméen, l’enseignement de Bar Yochaï jusqu’alors transmis par tradition orale.

Outre des prophéties messianniques, la Kabbale peut se définir comme un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l’homme et l’univers, prenant racine dans les traditions ésotériques du judaïsme. Cependant, cette définition académique ne rend pas bien compte de l’universalité de la Kabbale et de la richesse des thèmes qu’elle aborde.

Le thème du kabbalisme a été repris par nombre de nouveaux mouvements religieux, dont le Centre de la Kabbale qui connaît actuellement une certaine notoriété auprès des personnalités du show-business mais qui est dénoncé comme imposture par les initiés traditionnels.

Le mot kabbale (Qabalah en hébreu) signifie « réception » et donc par extension « tradition » (il faut savoir qu’il existe en fait deux traditions au sein d’Israel: la tradition Yéhoudith ou Yvrith et la tradition Nizrith ou Nazérith). Le Schem (mot) Kabbale est construit, à partir du verbe hébreu « qibel » provenant de la racine « qabel » qui signifie « recevoir » (ce qui est reçu) . Le Kabbaliste (Yéhoudi ou Nizri) est donc, celui qui reçoit « Qibel » la révélation de la « tradition »; cependant, il est nommé « Meqoubal » (accepté, agrée) lorsqu’il reçoit cette révélation directement d’Haqadosch Baroukh-hou « le Saint béni soit-il »(Dieu).

Définition

La Kabbale se veut être un outil d’aide à la compréhension du monde en ce sens qu’elle incite à modifier notre perception du monde (ce que nous appelons « la réalité » malgré la subjectivité de notre perception). Pour ce faire, la Kabbale met à disposition de ses adeptes un diagramme synthétique : l’Arbre de la Vie ou « des Sephiroth », et autres clés de lecture pour de multiples ouvrages, ainsi qu’un foisonnement de concepts (degrés de signification, contraction, etc.).

La Kabbale propose ses réponses aux questions essentielles concernant l’origine de l’univers, le rôle de l’homme et son devenir. Elle se veut être à la fois un outil de travail sur soi et un moyen d’appréhender d’autres systèmes de pensée.

La Kabbale, considérée dans son phénomène, est souvent comprise comme la mystique de la merkabah, ainsi Scholem commence t-il son énonciation de la kabbale dans Les Grands Courants de la Mystique Juive par Hénoch et son cycle, par la mystique qui se développe autour de la vision d’Ézéchiel nommée littérature des Palais ou hekhalot, la mystique de la merkabah. Cette mystique se présente comme accès en un voyage ascensionnel et intérieur au cœur même du divin, au jardin de la science du Livre, au sod, quatrième terme du pardès. On lui associe avec raison tout ce qui est littérature apocalyptique — de l’apocalyptique juive bien entendu.

On peut consulter la Philosophia Càbbalistica de Freys, Kœnigsberg, 1838, la Kabbale ou Philosophie religieuse des Hébreux, de M. A. Franck, Paris, 1843, et La Kabbale Juive de Paul Vulliaud.

La kabbale a connu un essor à partir du XVI siècle, avec le Rabbi Ytshak Luria, connu sous le nom du Ari (le Lion). Il offre dans son livre Etz Haim (L’Arbre de Vie) une explication en profondeur des dix sefirot, ainsi que des explication sur le livre du Zohar (notamment Idra Rabba).

A partir de cette période de nombreux kabbalistes encouragèrent à l’étude de la kabbale, comme nous le rapporte Rabbi Azulai, dans son ouvrage Orh HaShemesh, « L’ interdit jeté sur l’apprentissage de la Kabbale fut d’une durée limitée, jusqu’en 1490. Depuis 1540, il est nécessaire d’encourager tout le monde à s’intéresser au livre du Zohar, car ce n’est que par l’étude du Zohar que l’humanité parviendra à la rédemption spirituelle et la venue du Messie, et par conséquent, il est formellement interdit de ne pas étudier la Kabbale. ».

Ainsi s’exprime également le Rabbi Yehuda Levi Ashlag, kabbaliste du début du XXème : « Il n’y a pas d’autre moyen, pour la population en général, d’atteindre quelque élévation spirituelle et rédemption, sauf par l’apprentissage de la Kabbale. C’est la méthode la plus simple et la plus accessible, ce qui n’est pas toujours le cas, en suivant d’autres parties de la Torah, où seul quelques rares individus peuvent parvenir au but. »

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